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"Je dois partir"

7 sept.
3 min de lecture

Je dois partir…


L’autre jour je suis tombée sur une publication d’une auteure qui disait « si tu es écrivain écris que tu dois partir sans écrire que tu dois partir ».


J’ai trouvé ce genre de défi intéressant, et il m’a inspiré… par rapport à mon histoire mais aussi par rapport à certains des clients que j’ai pu recevoir.



Est-ce que tu as déjà vécu ce moment, celui où tu réalises que tu n’es plus à ta place… ou peut-être ne l’as tu jamais été ?


Un jour tu ouvres les yeux et tu vois que tu ne comprends plus ceux qui t’entourent, et que eux te comprennent peu, voire pas du tout. Alors tu prends tes distances, tu prends du recul, pour essayer de comprendre ce qui se passe. Est-ce que c’est toi qui a changé, est-ce que ce sont eux ? Ou est-ce que ça a toujours été comme ça mais, simplement, aujourd’hui, tu arrêtes d’être dans le déni ?


Je pense qu’il y a un peu de tout. Dans une famille, dans un cercle d’amis, chacun a un rôle. Le rôle du grand frère ou de la grande soeur qui veille sur les autres, celui à qui on se sent obligé de tout expliquer, le pitre, l’intellectuel, la fashion victime… Nous avons tous un rôle, si bien qu’on adapte notre mode de communication à cette personne, qu’on adapte notre comportement, nos réactions. Il arrive un moment où on prend conscience de ce schéma, des rôles de chacun et surtout de notre propre rôle.


Est-ce que tu le connais ton rôle ? Est-ce qu’il te convient ?


Et c’est comme ça, qu’un jour, grâce à un long message, j’ai découvert quelle place on m’avait attribuée : celle de la petite dernière qui ne fait que des mauvais choix. Et ça m’a révolté. Des mauvais choix ? Aux yeux de qui ? Au nom de quels critères ?


Qui a dit qu’on devait vivre selon un modèle bien défini ? Avoir un seul et même job pour toute la vie ? C’est vrai pour certains mais pour d’autres… je connais ma tendance à m’ennuyer rapidement, j’ai besoin de stimulation intellectuelle, de nouveaux défis. Alors rester des années sur un même poste, non, ce n’est pas pour moi. Et ça ne fait pas de moi quelqu’un d’instable car c’est MA stabilité, mon équilibre.


Pourquoi juger la vie des autres ? Et en me posant cette question je me rends compte qu’on le fait tous. On peut se poser des questions et avoir du mal à comprendre, oui. Mais, quand on aime quelqu’un (ami, conjoint, famille), n’est-on pas censé vouloir uniquement son bonheur ; et ne pas l’aimer "malgré ses choix", mais l’aimer tout simplement ?


Alors quand tu réalises qu’on t’assigne un rôle, dont tu ne veux pas ou plus, et qu’on te juge pour tes choix, n’est-il pas préférable de s’éloigner pour prendre la place que tu souhaites prendre.


Quelle est cette place ? Elle n’est pas fixe, ce n’est pas une case. Imagine ta place dans une barque : ou tu suis le courant, et tu te laisses porter pour voir là où ça te mène, ou alors tu rames pour aller droit vers ta destination. À aucun moment quelqu’un ne doit ramer à ta place, ou te mettre dans un canoë. À aucun moment un proche ne doit te juger sur tes choix car il n’y a que toi qui sais ce qui est bon pour toi en cet instant. Personne n’est à ta place, personne n’est dans ta vie, personne n’est dans ta tête.


Alors si tu te sens à l’étroit dans cette place qu’on t’a donné, ou si tu te sens un étranger dans ton cercle, alors c’est qu’il est peut-être temps de partir.


Je connais plusieurs personnes, amis, clients, qui ont fait ce choix notamment de s’éloigner de leur propre famille : parents, fratrie… Il n’est pas question de couper les ponts de manière définitive, mais plutôt de prendre ses temporairement ses distances parfois géographiques, ou affectives ; prendre ses distances pour connaître « qui je suis », sans culpabiliser. Moins parler de soi pour préserver une intimité, pour éviter tout jugement.


Certains comprendront que tu doives prendre tes distances, d’autres te feront culpabiliser et te conforteront dans ton choix de partir.


« Je dois partir » parce que je me perds là où je suis.

« Je dois partir » parce que je ne suis pas celle que vous pensez que je suis.

« Je dois partir » parce que j’ai décidé d’être égoïste et de penser à mon propre bonheur.

Qui le fera à ma place ?

Certainement pas ceux qui ne me connaissent pas.


Sans amertume, sans rancoeur, ni désamour.


Je dois partir.

 
 
 

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